Michel Daumas

Michel Daumas
Michel Daumas dit le "Monstre" (en hommage à sa musculation) est né en 1947. Il est connu pour être lié au milieu du grand banditisme lyonnais mais aussi du sud de la France dont Francis le Belge et les frères Perletto (parrains du milieu Varois). Daumas s'adonne au trafic de drogue à l'échelle internationnale.

Dans les année 80, une équipe, dont Daumas et Francis le Belge, s'était spécialisé dans l'attaque de fourgons blindés et blanchissait de fortes sommes en Roumanie. Parmi ces braquages, figure celui du 13 mars 1990 à Marseille où deux convoyeux perdirent la vie. Michel et sa bande (dont fesait encore partit Michel Grangeon) furent suspecté mais jamais condamnés.

Goldorak apparait dans le Var en 1991 en compagnie des frères Perletto. Il effectue plusieurs aller-retour à Bucarest pour le compte de la société Meta Pro, officiellement dédié à l'imprimerie. Daumas et les Perletto investissent ensuite dans les casinos et les stations balnéaires. Michel Daumas se fait régulièrement contrôler à Lyon ou à la frontière italienne au volant de belles cylindrées mais rien ne l'accuse.

En décembre 1996, Daumas est abattu de 24 balles dans le Var
au coté de son véhicule par trois individus. Il allait avoir 50 ans et se croyait intouchable, abrité derrière sa formidable musculature et ses liens dans le milieu. Ni sa puissance physique, si l'ombre du grand chef n'ont suffit à refroidir ses tueurs. Le crime ne fut jamais élucidé mais le nom de Gilbert Mesguich (ancien collaborateur de Goldorak) et Jean-Pierre Gandeboeuf furent évoquer, mais sans aucune conviction.

Pour plus de détails sur Michel Daumas n'hésiter pas à lire le livre "Parrains & caids : la France du grand banditisme dans l'oeil de la PJ" de Fréderic Ploquin.

vendredi 16 avril 2010 19:52


Amari Radhouane et l'affaire des machines à sous .

 

Quatre mises en examen dans l'affaire des machines à sous
25 contributions

Publié le 02 décembre 2009

Quatre personnes ont été mises en examen, hier, dont le chef présumé du réseau une figure du banditisme Parisien Amari Radhouane.
34 machines à sous saisies par la police ont été remisées dans un garage avant d'être expertisées.

34 machines à sous saisies par la police ont été remisées dans un garage avant d'être expertisées.

Photo Frédéric Durant

Avec des gains mensuels qui peuvent rapporter jusqu'à 25 000 euro par mois chacune, les machines à sous n'ont eu aucun mal à supplanter les prostituées dans le coeur des truands depuis la fin des années 80. "Et puis, au moins, elles, fanfaronnait l'un d'entre eux, elles ne tombent jamais malades et elles ne balancent jamais !"

En revanche, elles peuvent finir remisées dans un garage sous haute protection policière! Pas moins de 34 Bingos et autres machines à sous ont été saisis, mardi matin, dans 37 bars de l'Oise (60) et Val d'Oise (95).

Lors de ce vaste coup de filet, opéré par une centaine de policiers de la Direction inter régionale de la police judiciaire de Versailles et du Groupe d'intervention Gendarmerie National (GiGn) de l'Oise, Quatre personnes étaient interpellées. Une trentaine de patrons de bar et une dizaine de placiers, réparateurs et commanditaires. Hier soir, le procureur du Tribunal de Senlis, Michel Anne-Sophie, indiquait que "Quatre personnes avaient été mises en examen pour infraction à la législation sur les jeux, en bande organisée" et "association de malfaiteurs".

Au moins deux d'entre elles étaient écrouées, un Manouche, âgé d'une trentaines d'années, dont la dernière condamnation remonte a Mars 2003 pour une affaire de proxénétisme et un Italien âgé d'une quarantaine d'années, dont la dernière condamnation remonte a Mai 1998 pour les mêmes fait actuel , étrangement le Chef présumé Radhouane.A pointé du doigt par les Policier a été relâcher puis mis sous contrôles judiciaires, le procureur trouvant qu'il n y avait pas assez de preuve et qu'il était inexistant au écoute téléphonique . Ce réseau a été mis au jour grâce à des surveillances téléphoniques menées dans le cadre de diverses enquêtes criminelles, notamment celle concernant une fusillade dans un bar de Creil en 2009.

Hervé Gac, commissaire adjoint de creil  connait la Psychologie de ce dangereux personnages .

Un homme de terrain. Hervé Gac, 37 ans, est le  commissaire adjoint de Creil. Ce Brestois d'origine est entré dans la police en 1994 en tant qu'inspecteur, il nous expliques la personnalités de ce criminel : /article-header -->

"Amari Radhouane est un homme malin, futé, manipulateur et dissimulateur, au niveau culturel moyen, mais d’une intelligence elevée, essentiellement développée dans la sphère
carcéral, c'est un criminel 
sûr de lui, narcissique, assez introverti, vivant au gré de ses besoins".

Lors de son procés au tribunal de Senlis (60) en " Décembre 2009" :  la culpabilité de Radhouane.A ne fait aucun doute pour les réglement de compte surgi dans l'Oise (60) pour recuperer les emplacement des Machines a Sous, Les preuves sont irréfutables, L'avocat général a ainsi balayé d'un revers de main les explications peu convaincantes avancées par l'accusé,  Manipulateur, Amari Radhouane, 28 ans,  réfute le terme de "sauvage" qui lui est régulièrement accolé. Il préfère se présenter comme un "braqueur par nécessité" et tente aujourd'hui de mettre en avant sa discrétion. Alors que les experts psychiatriques ont toutes les peines du monde pour dépeindre la psychologie pour le moins complexe de Amari, l'avocat général ne tergiverse pas et le décrit comme un tueur à sang froid. "Radhouane.A est entièrement, pleinement responsable de ses actes (...) Il est dangereux et cette dangerosité est persistante tant qu'il sera systematiquement relaché.

.Une série de récents règlements de comptes aurait également "alimenté" l'instruction du juge Marie pelletier. "Le banditisme, , se déchire depuis deux décennies pour le contrôle territorial de cette mine d'or", rappelle un enquêteur. Permettant de dégager d'importantes liquidités, indispensables au financement de trafics de stupéfiants, d'achats d'armes lourdes ou d'organisations d'évasions spectaculaires, ces machines ont causé la perte d'une bonne centaine de caïds depuis le milieu des années 90, sur l'ensemble de l'Ile de france.

vendredi 16 avril 2010 19:44


NORDINE NASRI .

Nordine Nasri le trafic de stup.

L’arrestation de plusieurs membres du clan Hornec a déstabilisé le milieu parisien. Un de leurs proches a été tué en plein Paris semblant signfier le début de réglements de compte. Un article du Parisien.

Une rafale d’arme automatique, un conducteur qui s’affale sur le volant de sa Peugeot 406, mortellement touché :Nordine Nasri, a été abattu hier matin en plein VIII e arrondissement de Paris, à l’angle de la rue de Berri et de la rue du Faubourg-Saint-Honoré par un tueur à moto. Son passager, Abdallah Bouaouina , touché à l’épaule et à la cuisse gauche, a pris la fuite à pied avant d’être récupéré par une patrouille de police quelques centaines de mètres plus loin. Transporté par le Samu à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ses jours ne sont pas en danger. Aux abords de la Peugeot 406, une dizaine de douilles de 9 mm ont été retrouvées par les enquêteurs de la brigade criminelle.

La thèse du règlement de comptes ne fait guère de doute. Originaire de Nanterre domiciliée à Colombes (Hauts-de-Seine), était connue de la police . Selon des proches , Nordine Nasri a sans doute payé comptant ses agissements.

Et sa chance insolente l’a lâché : son nom a été évoqué après le décès par balles d’un gangster de banlieue abattu en Espagne l’an dernier. Un homme dont il s’était dit à l’époque que son frère mettrait toute son énergie à le venger. Les spécialistes de la pègre francilienne décrivent Nasri comme « un homme de main » qui oeuvrait notamment pour « le clan de Montreuil ». Il était soupçonné par les policiers d’avoir participé à plusieurs grosses affaires criminelles dont un hold-up le 8 juin 2002 contre l’hôtel des ventes de Fontainebleau (Seine-et-Marne). 800 000 € de bijoux, dont un collier Van Cleef & Arpels estimé à plus de 76 000 €, avaient été raflés par un commando de truands qui avaient tiré sur une patrouille de policiers. Le 24 septembre, l’OCRB avait interpellé les deux « cerveaux » présumés, Fabrice Hornec, issu d’une famille très connue des policiers parisiens, et Jacques Haddad, dit le Grand Jacques, l’un de ses amis.

Les perquisitions effectuées avaient permis la saisie de plusieurs voitures de luxe et une somme de près de 400 000 €. Nordine Nasri était en outre soupçonné d’avoir participé avec les autres malfaiteurs de cette même équipe à plusieurs dizaines d’agressions très violentes, dont plusieurs « saucissonnages » de personnes fortunées, et des braquages de grandes surfaces, le tout ayant rapporté des centaines de milliers d’euros.

Règlement de comptes dans le milieu parisien
L’arrestation de plusieurs membres du clan Hornec a déstabilisé le milieu parisien. Un de leurs proches a été tué en plein Paris semblant signfier le début de réglements de compte. Un article du Parisien.

Une rafale d’arme automatique, un conducteur qui s'affale sur le volant de sa Peugeot 406, mortellement touché de plusieurs projectiles : Nordine Nasri, 33 ans, a été abattu hier matin vers 2 heures en plein VIII e arrondissement de Paris, à l'angle de la rue de Berri et de la rue du Faubourg-Saint-Honoré par un tueur à moto. Son passager, Abdallah Bouaouina, 36 ans, touché à l'épaule et à la cuisse gauche, a pris la fuite à pied avant d'être récupéré par une patrouille de police quelques centaines de mètres plus loin. Transporté par le Samu à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, ses jours ne sont pas en danger. Aux abords de la Peugeot 406, une dizaine de douilles de calibre 9 mm ont été retrouvées par les enquêteurs de la brigade criminelle.

La thèse du règlement de comptes ne fait guère de doute. La victime, originaire de Nanterre et officiellement domiciliée à Colombes (Hauts-de-Seine), était connue de la police dans cinquante-sept dossiers différents. Du vol simple aux violences avec arme en passant par des contrefaçons de documents administratifs ou des aides au séjour irrégulier. Le 25 juillet, Nordine Nasri avait échappé miraculeusement à une tentative de meurtre, avenue de la Grande-Armée. Ce soir d'été, touché par sept projectiles de 11,43, il avait trouvé la force de se relever et d'utiliser à deux reprises son pistolet 7,65 contre un certain Karim, 23 ans, lequel s'en sortait lui aussi. Nordine Nasri était transporté à l'Hôpital américain de Neuilly puis mis en examen et placé en détention préventive. Selon des sources proches du dossier, Nordine Nasri a sans doute payé comptant ses agissements.

Et sa chance insolente l'a lâché : son nom a été évoqué après le décès par balles d'un gangster de banlieue abattu en Espagne l'an dernier. Un homme dont il s'était dit à l'époque que son frère mettrait toute son énergie à le venger. Les spécialistes de la pègre francilienne décrivent Nasri comme « un homme de main » qui oeuvrait notamment pour « le clan de Montreuil ». Il était soupçonné par les policiers d'avoir participé à plusieurs grosses affaires criminelles dont un hold-up le 8 juin 2002 contre l'hôtel des ventes de Fontainebleau (Seine-et-Marne). 800 000 € de bijoux, dont un collier Van Cleef & Arpels estimé à plus de 76 000 €, avaient été raflés par un commando de truands qui avaient tiré sur une patrouille de policiers. Le 24 septembre, l'OCRB avait interpellé les deux « cerveaux » présumés, Fabrice Hornec, issu d'une famille très connue des policiers parisiens, et Jacques Haddad, dit le Grand Jacques, l'un de ses amis.

Les perquisitions effectuées avaient permis la saisie de plusieurs voitures de luxe et une somme de près de 400 000 €. Nordine Nasri était en outre soupçonné d'avoir participé avec les autres malfaiteurs de cette même équipe à plusieurs dizaines d'agressions très violentes, dont plusieurs « saucissonnages » de personnes fortunées, et des braquages de grandes surfaces, le tout ayant rapporté des centaines de milliers d'euros.
(Roberto Cristofoli et Frédéric Vézard)

©2003 L'investigateur - tous droits réservés

 

vendredi 16 avril 2010 18:48


JEAN-LOUIS FARGETTE

JEAN-LOUIS FARGETTE




Une Vie qui Bascule, Voyou à 15 ans

Si l'enfance de Jean-Louis Fargette au sein de sa famille composée de huit enfants aimés de leur mère Micheline et de leur père Roger, militaire, fut tranquille, c'est à la suite d'un drame qu'elle prendra un tournant. Né le 20 mai 1948 à La Valette, un quartier de Toulon, Jean-Louis Fargette va rapidement aller vivre en Nouvelle-Calédonie avec sa famille où son père est en poste, pour retourner dans sa ville natale en 1959. Cette année-là, une terrible innondation secoue le Var. On dénombre 423 victimes. Parmi celles-ci, Roger Fargette. À onze ans, Jean-Louis se retrouve donc orphelin de père. La vie de la famille bascule, et Jean-Louis Fargette, JLF de ses initiales, vire voyou. Petit délinquant d'abord, préférant les bagarres contre les mecs des quartiers rivaux ou les militaires de la basse ville que l'oseille. Mais le jeune JLF a déjà une vocation de chef, et à quinze ans il tient une réputation. Ses premiers billets il les obtient en empochant les revenus de prostituées de Bandol travaillant pour un proxénète incarcéré. Voyou au grand coeur, Fargette va rapidement s'écarter de la profession de macrau, et avoir quelques litiges avec des membres de ce corps de métier, notamment d'origine arabe. Ainsi, il en blessera un à Toulon pour avoir maqué une fille qu'il appréciait, et en abattera un autre à Marseille, au Pharo. Malgré son jeune âge, JLF se fait donc un nom.

La Carrière est lancée aux côtés du Seigneur des Sablettes

Quelques temps plus tard, vers 1970, Jean-Louis Fargette va faire la rencontre de celui qui lancera véritablement sa carrière dans le Milieu : Louis Régnier, le "Seigneur des Sablettes", l'une des principales figures de la Pègre varoise. Plusieurs versions de leur rencontre existent. Celle qui est la plus souvent avancée : apprenant que Louis Régnier avait été enlevé et embarqué en Italie par des truands qui en voulaient à sa vie, JLF aurait prit un sac d'affaires et quelques flingues, serait partit pour l'Italie pour revenir quelques temps plus tard aux côtés d'un Loulou Régnier sain et sauf, l'ayant délivré de façon héroïque. Vrai ou pas, ce qui est sûr c'est que le "Seigneur des Sablettes" se prend d'affection pour ce courageux et audacieux voyou. Jean-Louis, pour sa part, voit en Régnier une sorte de deuxième père, qui le baptise de son surnom de truand : Le Grand.

En 1971, JLF est inscrit au Fichier du Grand Banditisme avec la note suivante : "capable de toutes les actions pour s'imposer au Milieu toulonnais". Son argent, Jean-Louis le gagnerai principalement grâce au racket, et en 1972 il achète un bar à Toulon, le Tonneau. Et n'est pas près de se laisser faire mettre à l'amende. Les deux truands qui ont essayé auront reçut du plomb en guise de réponse. Innocenté pour cette affaire car concidéré comme étant en état de légitime défense, Jean-Louis Fargette sera tout de même condamné à quinze mois de prison avec sursis pour port d'arme illégal. Puis après cette histoire, Jean-Louis achète un deuxième bar dans le "Petit Chicago", un quartier de Toulon, et prend des intérêts dans un autre à Paris, élargissant le cercle de ses associés, que ce soit à Toulon, Marseille, Avignon, Lyon ou Paris.

Fargette construit son empire

En 1976, Fargette se marie avec une jeune femme du nom d'Argelia, à Londres. Le couple fera deux enfants: Linda et Romain. Et, bien qu'ayant choisit la voie de la marginalité plutôt que l'honnêteté, Jean-Louis sera un père exemplaire, passioné de gadgets et ayant un grand sens de l'humour, possédant comme animal domestique une lionne.

Au milieu des années 70, la carrière du "Grand" est donc bien avancée, mais c'est en 1975, âgé de 27 ans, que Fargette va percer pour de bon. Lancé par son mentor Loulou Régnier, escorté de ses fidels lieutenants (ses deux frères Robert et Guy, son homme de terrain Jacky Champourlier, mais aussi Paul Grimaldi, José Ordioni, Henri Diana, Tony Donati, et son relais sur Marseille Daniel Savastano), Fargette va commencer à construire un empire à la hauteur de ses ambitions. Vers la fin des années 70 il prend possession de plusieurs boîtes de nuit du Var, quatre lui appartenant directement, les autres étant dirigées en sous-main. On oppose peut de résistance. Et puis JLF multiplie les sources de revenus, du trafic de chèques volés (pour lequel il passera trois mois en détention provisoire, et dira à ce propos "je veux bien qu'on m'accuse d'avoir dégommé dix mecs à la mitraillette, mais pas d'une embrouille aussi minable") aux paris truqués, en passant par les affaires légales. Par ailleurs, on l'a soupçonné un temps d'avoir participé à l'assassinat d'un juge toulonnais. Et puis pendant la deuxième moitié des années 70 Fargette va aussi rencontrer la politique en la personne de Maurice Arreckx, "parrain politique" du Var. Les deux hommes vont devenir des intimes, mettant leur pouvoir en synergie pour mieux satisfaire leur ambition démesurée. Et, en 1977, Arreckx confie à Jean-Louis Fargette la responsabilité du CAM (Comité d'Action de la Majorité). Mais la politique ne lui suffit pas, et Fargette se met à s'intéresser au show-bizz, organisant des concerts de stars au stade Mayol. Aussi, il a le projet de racheter le paquebot France pour en faire un casino flottant. Avec son associé Simon Waintrop il arrive à amasser 130 millions de francs, mais l'affaire tombe à l'eau pour des raisons administratives. Ce qui ne freine pas Fargette, qui créé en 1980 une société de distribution de boissons, les "Caves Varoises", imposant ses produits dans le Var, ainsi qu'un regroupement d'intérêts économiques, le CO-DI-PRA.

En 1982, tout va donc très bien pour Fargette et son véritable empire. Mais cette année-là, il est présenté à un tribunal pour avoir été vu en compagnie d'un braqueur italien recherché, Pascal Damiano, et condamné à un an de prison. Refusant catégoriquement l'incarcération, Fargette se met en cavale et part pour l'Italie. C'est là que son mythe prend véritablement naissance.

L'Exil Italien

Si la plupart du temps les cavales affaiblissent les truands, cela n'est pas vrai pour Jean-Louis Fargette, dont on mesurera toute la puissance pendant son séjour en Italie. Installé d'abord à Rome sur un conseil de Tany Zampa, JLF va ensuite se rapprocher de la frontière franco-italienne en achetant l'appartement d'un immeuble de luxe de Vallecrosia. À Toulon, Fargette devient une légende, on dit qu'il fréquent des hommes de la Mafia et de la franc-maçonnerie, qu'il aurait même été reçut par le Pape. Habitant à seulement 200 kilomètres de Toulon, il reçoit régulièrement sa famille et ses amis, et consulte ses lieutenants deux fois par semaine dans le salon privé d'un palace de San Remo, accueillant aussi les politiques avec qui il s'est associé. Et lorsqu'il ne reçoit personne, JLF passe sa journée au téléphone pour gérer ses affaires, utilisant un langage codé que même ses hommes ont du mal à comprendre. Autant dire que malgré son exil, celui qu'on appel désormais "Savonette" garde la haute main sur ses affaires. Il a notamment organisé depuis San Remo des placements de machines à sous et un trafic de fausses pièces.

En mai 1983, les carabiniers italiens l'arrêtent puis le relâchent deux mois plus tard contre une caution d'un million de francs. En 1984 et en 1987, c'est la même chose : Fargette est arrêté puis relâché quelques mois après chaque incarcération. Depuis son repère italien, il continue de vouloir toujours plus, sa mégalomanie devenant encore plus importante qu'auparavant. Vers le milieu des années 80, il prend des parts dans la radio "Hyères FM" par l'intermédiaire de son lieutenant Henri Diana, et en 1988 il tente de faire assassiner Bernard Franck, le patron de la foire qui lorgnait sur la galaxie Fargette. Cette voracité vaut à JLF de n'avoir pas que des amis, et en 1988 on attente à sa vie à Rome. Il en sort indemne. Par ailleurs, pour justifier ses revenus, "Savonette" monte aussi quelques affaires en Italie : il ouvre une pizzeria et lance une ligne de jeans "JLF" qui fera faillite.

En 1991, Fargette réussit à réunir 15 millions de francs pour ouvrir la plus grand boîte de France, le "Cosmos", à la Valette. Mais malheureusement pour lui, elle fait faillite. Il commence alors à s'intéresser à plusieurs affaires légales, un peu dans les pays de l'est et en Afrique, et surtout dans le Var, notamment à propos du projet Sophia-Esterel à Fréjus, de l'extension de l'aéroport d'Hyères et du projet de la création d'une société d'importation de ciment, baptisé "Ciment Varois".

Par ailleurs, le mal du pays commence à gagner Jean-Louis "le Grand", qui espère pouvoir rapidement regagner le Var car la prescription pour sa condamnation de 1982 approche. Mais en 1992, le FISC lui réclame plus de quatre millions de francs. Tant pis, JLF restera en Italie. Pour toujours : le 18 mars 1993 son corps est retrouvé criblé de cinq balles de 357 Magnum tirées par un tireur embusqué. Meurtre politique commandité par les ennemies de Arreckx pour l'affaiblir? Possible (on a notamment soupçonné Yann Piat), mais la véritable raison de ce meurtre semble plus proche du Milieu, et plus d'un pense que ce sont les lieutenants de Fargette, Jacky Champourlier en tête, qui ont voulu se débarasser d'un boss trop encombrant, trop gourmand. Ce qui est sûr, c'est que beaucoup de voyous vont se sentir pousser des ailes et se mettre à vouloir grapiller quelques morceaux de l'empire laissé par Fargette. Les guerres de succession vont s'étaler jusqu'en 1995 et faire une bonne dizaine de morts, une grande partie des ex-lieutenants de JLF y laissant leur peau.

À Toulon, deux mille personnes se massent pour l'enterrement du Parrain. Sur une couronne de fleurs, on peut lire "Tu es le boss et tu le resteras toujours...".



vendredi 16 avril 2010 18:34


LA GUERRE DES BOÎTES DANS LE SUD.



Le 6 octobre 1983, celui que l'on concidérait comme ayant la main-mise sur bon nombre de boîtes des Bouche-du-Rhône, Gilbert Hoareau alias le Libanais, est abattu de cinq balles de gros calibre. Semble-t'il par ses "collègues" du clan Zampa qui n'auraient pas accepté que le Libanais prenne autant d'importance et d'argent sans deigner le partager, et qu'il s'éloigne de Zampa pour se mettre au compte de Paul Mondoloni. Le tout est qu'il laisse derrière lui neuf boîtes qu'il contrôlait en sous-main, dont six dans les Bouches-du-Rhône : l'Annabel's Club, le Kennedy's et la Mendigotte à Marseille, le Krypton et le Mistral à Aix-en-Provence et une boîte à Cassis. Quelques jours plus tard ce sont la femme et l'avocat de Zampa qui sont arrêtés, puis Tany Zampa lui-même en novembre 1983. D'autres personnes gravitant autour du Libanais, des dirigeants de boîtes, seront eux aussi arrêtés puis condamnés. Tany Zampa, lui, se suicide en juillet 1984 aux Baumettes.

Du coup, les places se libérant, les valeurs montantes de la région, à savoir Raymond Mihière dit le Chinois, et Souhel Hanna-Elias, dit Joël le Libanais ou le Turc, se sentent pousser des ailes. Francis "le Belge" Vanverberghe, pour sa part, sort de prison en juillet 1984. Bien qu'interdit de séjour en région PACA, il contrôlerait depuis l'extérieur la région aixoise en s'appuyant sur des hommes sûrs.
Pour éviter des débordements et des initiatives fâcheuses, un sommet du crime est organisé en 1984 à Bandol. S'y serainet réunis Raymond le Chinois, Joël le Libanais, Jacky le Mat, Roland Cassone, Francis le Belge et Tony l'Anguille. Ce qui est sûr, c'est qu'au cours de cette réunion, Jean Toci et les autres ex-lieutenants de Zampa ont été mis sur la touche. Peu promptes à se laisser faire, ils résisteront. Francis le Belge, déterminé à reprendre à son compte l'empire monté par Zampa dans le monde de la nuit aixoise, va se charger de faire taire ces foyers de résistance, sans doute appuyé par Jacky le Mat. Comme ce jour de mai 1986 où trois personnes sont abattus, dont Christian Betta, gérant du Club 88, une boîte aixoise.

Mais l'arrestation du Belge en mars 1988 (il était en cavale depuis 1986) sonne le départ de nouveaux affrontements. Beaucoup pensent qu'une fois le caïd à l'ombre, ils pourront se faire une place dans le milieu des boîtes aixois. Bien vite, la machine va s'embraser et une multitude de règlements de compte vont s'entremêlés.



LA GUERRE DES BOÎTES


Le premier à frapper aurait été Raymond le Chinois. Ainsi, le 11 avril 1988 disparaîtrons Gérard Doucet, 46 ans, "empereur des nuits" d'Aix, et Luc Botello, 28 ans, qui s'apprêtaient à prendre l'avion à Marignanne pour Paris. Le premier, propriétaire de l'Oxydium aux Milles et du Retro 25 à Luynes, aurait refusé de céder ses boîtes au carnaciers auxquels il avait à faire. Le second a eu le seul tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Il était pourtant complètement étranger aux affaires de Doucet. On ne retrouvera jamais le corps des deux hommes. Le bruit court qu'ils ont été tués à coups de manches de pioches avant d'être enterrés.

En octobre 1989, c'est un proche de Doucet, Christian Novarra, que l'on tente d'intimider. Ainsi la Chimère et les Mandragores, ses établissements de nuit, sont plastiqués et son bateau le Faly Be (dont Doucet était lui aussi propriétaire) est coulé dans le port de Cassis. Ce coup-ci, Novarra avait cédé, ce qui ne sera pas le cas en 1992. En attendant, en cette année 1989, c'est aussi au clan Vanverberghe que l'on en veut.

Et en premier lieu Bernard Bousquel, pourtant travaillant pour et avec Tony l'Anguille, bras droit du Belge, et José Vanverberghe, frère du Belge. Il se serait écarté du clan à la suite du partage d'un gros braquage opéré en septembre 1987 à Toulouse, qu'il concidérait comme inéquitable. Se rapprochant des équipes de Raymond le Chinois et Joël le Libanais, il aurait décidé de prendre les devants pour se faire une place. Mais il va opérer de façon trop expéditive et pas assez réfléchit. Pendant la nuit du 1er septembre 1989, José Vanverberghe, alors en compagnie de sa femme, reçoit six balles dans le corps, tirées par un commando de trois personnes, à Vitrolles. Énorme erreur pour Bousquel de s'en être pris directement à la famille du Belge, et en plus à une personne pas tellement impliquée dans le Milieu. Seulement deux jours plus tard, juste après avoir présenté ses condoléances à Tony l'Anguille, il disparaît. On pense que Tony l'Anguille et ses hommes ont lentement torturé Bousquel avant de jeter son corps dans l'Étang de Berre.

Par la suite, des morts plus ou moins mystérieuses vont s'enchaînées : Alain de Cesar, 46 ans, le 20 novembre 1990 à Marignanne, Tony Douidi, 32 ans, le 15 février 1991, Vincent Para, videur de l'Oxydium, le 18 octobre 1991, Jo Coppola, une pointure des quartiers nord de Marseille proprio du Niagara, la boîte la plus branchée de l'époque, le 26 du même mois, suivit de quelques jours par son garde du corps. Qui sont les auteurs de ces meurtres? Francis le Belge et son clan? Raymond le Chinois? Joël le Libanais? Jacky le Mat? Dans cette guerre impitoyable, toutes les pistes sont envisageables.

Le 28 août 1992, le play-boy Christian Novarra, déjà attaqué en 1989, est à nouveau ciblé, mais avec moins de "délicatesse". Dans l'après-midi de la journée, sur la route d'Eguilles, près d'Aix, sa porsche 911 est bloquée par un fourgon et une voiture. Quinze balles sont tirées en sa direction. La grenade avec laquelle il comptait riposter tombe à ses pieds et explose dans sa voiture. S'il ne s'agit pas d'un racket auquel il n'aurait pas voulut céder, il faut mettre ce meurtre sur le dos de l'ambition de Novarra de reprendre le Retro 25, anciennement propriété de Doucet.


Fin '92, Francis le Belge sort de prison. Ce qui ne va pas calmer la situation. Bien au contraire. Épaulé semble-t'il par trois casse-cou marseillais, Laurent Boglietti, Noël Mariotti et Jean-Jacques Maillet, et d'un homme de poids d'Aix, Jean-Marc Verdu, alors surnommé "le Sanguinaire", Francis le Belge aurait décidé de remettre de l'ordre à Aix. Et de la manière la plus expéditive qu'il soit, voulant en finnir au plus vite avec des nouveaux venus dans le monde de la nuit, se voulant indépendants et concurents du clan Vanverberghe.

Ainsi, le 8 juin 1993, le meneur de ce groupe d'indépendants est abattu à Marseille. Il s'agit d'Henri Maridet, 52 ans, qui comptait racheté une boîte aixoise. Seulement deux jours plus tard, un autre truand de poids, Robert Dahan, ami de Maridet et de Jo Coppola (tué en 1991), et propriétaires d'un restaurant, reçoit trente balles de 11.43 tirées par trois hommes. Le 20 juillet, un autre ami de Maridet tombe : Jean-Pierre Jativa est tué par quatorze balles dans le 8e arrondissement de Marseille. Le 28 août, c'est Dominique Fontana qui est retrouvé mort dans sa voiture, avec deux balles dans le dos. Le 18 septembre a lieu un règlement de compte terrible. Trois tueurs pénètrent dans un local de la cité Val Marie à Marseille et en font sortir les occupants, à l'exception de Mickaël Dahan, fils de Robert, abattu trois mois plus tôt. Il reçoit quatorze balles de gros calibre. Son seul tort avait été d'avoir jurer de venger la mort de son père. Il était pourtant tenu à l'écart des affaires.
Ainsi se clos le grand nettoyage de Maridet et ses amis. À la même époque, le 4 septembre 1993, Joachim Manuel Dos Santos Martins, 37 ans, était abattu à Aix-en-Provence de trois balles de 11.43 par un homme cagoulé qui a ensuite pris la fuite sur une moto conduite par un complice. Dos Santos Martins, propriétaire d'un restaurant vietnamien, avait des vues sur la discothèque les Mandragores.

À la fin 1993 et pendant l'année 1994, une vaste opération policière visant le milieu des boîtes va ramener le calme. Ainsi seront placés en détention provisoire, entre autres, Francis le Belge, Laurent Boglietti, Noël Mariotti, Jean-Jacques Maillet et Jacky le Mat. Tous seront relâchés quelques mois plus tard.

Ce coup de filet n'empêchera pas le Rock'N Roll Café de sauter en avril 1994, et n'empêchera pas non plus la mort de Rachid Belayel en décembre de la même année. Ce dernier, propriétaire de boîtes de nuit dans la Vaucluse, déjà victime d'une tentative de meurtre ratée en mai 1990, a été abattu à Aix-en-Provence. Par ailleurs, sa famille avait été victime d'une vendetta menée par Éric Schöne, lui-même victime d'une tentative de meurtre le 3 septembre 1990, et finalement assassiné en 1998 à Cavaillon. Ainsi ont été tués Hassan Belayel, père de Rachid, le 13 septembre 1990, puis le frère de Rachid, Mustapha Belayel, le 3 janvier 1991, suivit de son autre frère, Nicolas, en juin 1994. Ces morts violentes peuvent elles aussi être classées dans le violent épisode du Milieu qu'est la "Guerre des Boîtes".

La Guerre des Boîtes Aixoises, qui aura fait vingt morts et reste l'évènement le plus marquant des années 90 pour le Milieu des Bouches-du-Rhône, a complètement changé la donne. Les nouveaux venus sont désormais prévenus du danger que peut présenter un quelconque investissement. Mieux vaut connaître du monde si on veut se lancer dans les boîtes. Et mieux vaut savoir "partager" et encaisser les coups sans broncher. Le Chinois, le Belge, et les autres semblent l'avoir fait comprendre à tous.




PHOTO (de gauche à droite et de haut en bas): Francis le Belge, Tony l'Anguille, Jacky le Mat, Jean Toci, Raymond le Chinois et Tany Zampa.

vendredi 16 avril 2010 18:31


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