JACKY LE MAT,
nouvel homme fort de Marseille
Vers la moitié des années 70, le Mat commence à s'écarter de Zampa.
Évidemment, Zampa est le plus puissant, mais Jacky le
Mat a une réputation à en faire frémir plus d'un, à la
fois tête brûlée, impulsif, déterminé, froid et professionnel. Le
point sur lequel les deux clans divergent est le racket. Et en
1977, c'est le litige : Jacky le Mat aurait racketté le même client
que Tany Zampa, pour un montant de 8 millions de francs, tout en
sachant que la place était déjà prise.
Le 1er février, le Mat est laissé pour mort sur le parking de la
résidence "les Trois Caravelles", à Cassis. Trois hommes ont fait
feu sur lui. Il s'agirait de Tany Zampa,
Bimbo Roche et Gaby Regazzi. L'un
d'eux, probablement Zampa, a lancé : "Une salope pareille ne vaut
pas le coup de grâce, laisse-le crever comme un chien". Mais malgré
les 22 projectiles qu'il a reçut dans le corps (7 balles de 11.43
et deux décharges de chevrotine), Jacky le Mat a survécu. Il
passera trois mois à l'hôpital, où il changera de chambre tous les
jours, et d'où il prépare sa vengeance : le 3 mars, Gaby
Regazzi est abattut alors qu'il se rend sur la tombe de
son fils, tué dans un accident de moto. Le lendemain, c'est un
proche du Mat qui tombe. Le 30 juillet, Bimbo
Roche y reste, au volant de sa mercedes sur la route de la
corniche. En octobre, le neveux de Gaby, Jean-Claude
Regazzi, reçoit 30 balles de mitraillette à Antibes. le
Mat est lui arrêté en novembre 1977 alors qu'il planque dans une
voiture avec de l'artillerie et des amis près du domicile de Tany.
Il fait 6 mois. Jusqu'en avril 1978, huit hommes des deux camps
sont tués, dont Serge Cassone, fidel de Jacky et
frère de Roland Cassone, ainsi que le dernier des
Regazzi, Jean-René, le 12 avril 1978. Ensuite, le calme revient. À
sa sortie de prison, Jacky le Mat est le nouvel homme fort de
Marseille. Les sommes qu'il amassera pendant cette période lui
permettront l'achat d'un luxueux yacht et de propriétés dans les
Caraïbes, en Floride et en Italie.
En juillet 1984, Tany Zampa se suicide dans sa
cellule des Baumettes.La même année, Francis le
Belge est libéré de prison. Zampa mort, le Mat craint que
ses hommes de confiance ne tentent de récupérer leur puissance
perdue. Jacky le Mat, devenu un intime du Belge,
entreprend d'organiser avec ce dernier un "nettoyage" méthodique.
Entre avril 1985 et février 1987, une bonne dizaine
d'ex-lieutenants de Zampa y passent, le dernier de la liste étant
Gérard Vigier, assassiné à Toulouse. Cette action
est soutenu par une large partie du Milieu.
JACQUES IMBERT,
truand rangé?
Après cela, Jacques Imbert vit sa vie entre Marseille et Paris, où
il devient officiellement l'attaché de presse du Bus Palladium, une
boîte dirigée par son ami Richard Erman. Imbert
semble de moins en moins se préoccuper de Marseille. Néanmoins, il
aurait rendu quelcques "services" à Francis le Belge dans le
"guerre des boîtes", qui dura de 1989 à 1994. Du coup, en novembre
1993, il est incarcéré, puis libéré en 1995, faute de preuves. Sur
la porte de sa cellule, il a placé un panneau "Ne pas
déranger".
Installé aux Îles Frioul, directeur d'un chantier naval et marié à
une trentenaire, Jacques Imbert s'est rangé. Dans
le quartier de l'Opéra, on le respecte. Sa principale activité : la
belotte.
Mais récemment, en octobre 2003, il est arrêté à Marseille dans le
cadre d'une affaire de contrebande de cigarettes, dans laquelle six
autres personnes sont inculpées (Sauveur Ruellou, Richard Erman,
Marcel Ballestracci, Antoine Ballestracci et Alexander Mirlas).
Richard Erman aurait fait le lien entre les
marseillais et la mafia russe. D'abord condamné à 4 ans de prison
le 14 décembre 2004, il sera finalement relâché en avril 2005, les
charges contre lui n'étant pas suffisantes. Son fils Jacques est né
tandis que son père, âgé de 75 ans, était en prison.
À Luynes, on avait fait un accueil triomphale à Jacky le Mat. Qui
n'est d'ailleurs pas le "Dernier Parrain". Tout comme Francis le
Belge ne l'a pas été. Ni Raymond le Chinois, ni Claude Genova, ni
Jean-Louis Fargette, ni Tany Zampa, ni Edgard Zemmour, ni Antoine
Guérini, malgré les gros titres de la presse à chaque fois que l'un
des personnages cité a été tué ou incarcéré. Le vrai "DERNIER
PARRAIN" n'est pas près d'exister.

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